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14/02/2010

En ce jour de Saint-Valentin, nous voulons plus que des "preuves d'amour" concernant le logement étudiant!

Quand la Ministre communique... ses amis des Hauts-de-Seine agissent!

Si l'ambition de Valérie Pécresse était réellement la démocratisation de l'enseignement supérieur, au lieu d'effets d'annonce sur les quotas de boursiers dans les grandes écoles, elle devrait dénoncer la politique mise en place par ses amis de l'UMP au conseil général des Hauts-de-Seine.

Deux poids, deux mesures

En effet, non content de fragiliser encore davantage l'université publique de Paris-Ouest Nanterre/La Défense, en lui retirant la subvention annuelle de 900 000 euros versée chaque année depuis 2005,  le département utilise des fonds publics pour offrir  une subvention de 10 millions d'euros par an à l'université privée, imaginée par l'ancien président du conseil général Charles Pasqua, le pôle Léonard de Vinci qui accueille moins de 5 000 étudiants. L'université de Paris Ouest, déjà malmenée par la politique de la Ministre et qui accueille pourtant  30 000 étudiants, n'avait vraiment pas besoin de cela !

La destruction programmée de la cité U. d'Antony

Par ailleurs, au lieu de tenir des propos mensongers en affirmant que la Région aurait refusé de prendre en charge la réhabilitation de la Cité Universitaire d'Antony, la plus grande résidence universitaire d'Europe, la Ministre ferait mieux de s'indigner de voir que l'intercommunalité des Hauts-de-Bièvre, contrôlée par l'UMP, à qui l'Etat a transmis en 2004 ce patrimoine, n'a depuis rien fait pour empêcher la dégradation de cette cité U et envisage aujourd'hui de la détruire. Un premier bâtiment est aujourd'hui déjà muré et les étudiants qui y résidaient expulsés.


« Libérez Tanguy ! » : un excellent slogan, madame la Ministre !

Le conseil régional, en décembre 2009, a quant à lui voté un budget de 20 millions d'euros pour la réhabilitation de la cité U. et Jean-Paul Huchon a manifesté à de nombreuses reprises son soutien au combat des étudiants pour la sauvegarde de ce lieu unique. Seulement 3% des étudiants d'Ile-de-France ont aujourd'hui un logement en résidence universitaire (quand la moyenne nationale est de 7%) ; sachant par ailleurs que l'explosion des loyers pour les appartements de petite surface (ceux qu'en général les étudiants occupent) ne leur permet pas de louer dans le parc privé, ils sont donc contraints de vivre chez leurs parents. « Libérez Tanguy ! » pour reprendre l'excellent slogan de notre ministre...

« Il est totalement impensable de détruire la résidence universitaire d'Antony » Jean-Paul Huchon

Si le logement étudiant était réellement une véritable préoccupation de la ministre, elle aurait du intervenir et appuyer la région dans cette opération à Anthony. Nous avons rappelé tout cela mardi dernier, lors de la visite que nous avons fait à la Cité Universitaire d'Anthony (Jean-Paul Huchon, plusieurs candidats, dont Laurent Dubouchet de Jeudi noir et Philippe Kaltenbach, tête de liste dans les Hauts de Seine, l'ensemble des élus de gauche locaux, les Amis de la cité U. et de nombreux militants) à l'invitation de l'Unef et des étudiants de la résidence universitaire d'Antony. Jean-Paul Huchon a notamment déclaré : « Face à la pénurie de logements pour étudiants, au sous-investissement de l'Etat pour ces jeunes qui ont des difficultés à se loger, il est totalement impensable de détruire la résidence universitaire d'Anthony. C'est inimaginable de mettre ces étudiants à la rue. Ce que fait Valérie Pécresse est au mieux incompréhensible, au pire scandaleux ».

 

La Région, a, depuis 2004, construit ou réhabilité plus de 10 000 logements pour les jeunes travailleurs ou les étudiants. Réélu, Jean-Paul Huchon a rappelé qu'il maintiendrait ce niveau d'investissement et que son objectif est le doublement de l'offre de logement social étudiant. Cette mesure s'inscrit dans le plan d'autonomie des jeunes inscrit à son programme. Parce que les jeunes doivent être une priorité, parce que la démocratisation de l'enseignement supérieur est un objectif majeur, parce que cette dernière ne peut se faire sans une politique volontariste en matière de conditions de vie et d'études et en particulier en matière de logement étudiant. D'autres engagements pour le logement étudiant sont également annoncés, comme par exemple la prise en charge de la caution et du dépôt de garanti pour les étudiants en location ou en colocation.

La ministre interpellée sur la question


Le jour même où nous étions à Anthony, Valérie Pécresse était interpellée sur cette question par le député PS, Jean-Marie Le Guen à l'Assemblée nationale :

 

Effets d'annonce et approximations

Sa réponse s'est située sur un registre qu'elle affectionne tout particulièrement : promesses, effets d'annonce et approximations.

Dans le registre des « approximations », la ministre nous dit que  la citée U est « amiantée, vétuste et insalubre ». Certes, la cité U. doit être  réhabilitée et la région a voté, seule, des financements pour le faire. La réhabilitation est possible, le dossier technique le prouve.

Quand à l'amiante... nouvel argument sorti du chapeau... qu'en est-il réellement ? La ministre sait-elle que la destruction d'un bâtiment amianté nécessite des précautions sanitaires extrêmement rigoureuses, comme le désamiantage d'un bâtiment en vue de sa réhabilitation. Le coût de la destruction et reconstruction à l'identique d'un bâtiment amianté est supérieur à celui d'un désamiantage, sauf cas très particuliers dont ne paraît pas relever la cité U. d'Anthony. Sauf si la ministre savait des choses qu'elle devrait communiquer au plus vite aux étudiants qui y vivent et dont le propriétaire du bâtiment, l'intercommunalité des Hauts de Bièvres portera la responsabilité.

Quand à la taille des chambres évoquée par la ministre, encore un prétexte, puisque la surface de 14m2 qui est demandée par les étudiants correspond à la taille minimale que la région retiendra pour les logements bénéficiant de son aide. La ministre affirme par ailleurs que pour chaque chambre détruite à Anthony, 1,2 chambre sera construite.... Un jour ! Et où ? En face du RER comme c'est le cas pour la cité U d'Anthony... ou dans un endroit des Hauts de Seine un peu moins bien desservi et dont le foncier ne sera pas au même prix, ce qui permettrait éventuellement quelques opérations immobilières intéressantes ? Mais qui signifiera pour les étudiants perte de temps supplémentaire au détriment du temps qu'ils peuvent consacrer à leurs études et coût supplémentaire alors que plus de 50% d'entre eux sont aujourd'hui obligés de travailler pour se payer leurs études et que trop sont contraints d'arbitrer entre dépenses de santé et autres types de dépenses.

 

« Facts matter !»

Mais j'ai probablement mauvais esprit. Le problème est qu'aujourd'hui, comme la majorité des membres de la communauté de l'enseignement supérieur et de la recherche, je ne crois plus un instant à ses promesses et à ses « preuves d'amour ». Même en ce jour de Saint-Valentin. Il s'agit probablement d'une déformation professionnelle : facts matter !

aperçu 2 avril 2009

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