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10/12/2010

Un engagement fort pour la recherche et l'enseignement supérieur


Il ne peut y avoir d’action politique efficace sans une concertation étroite et permanente


Puisque nous avons le temps de souffler un peu (étant donnée la décision prise hier par l'assemblée du contentieux du Consel d'Etat qui a estimé que la question prioritaire de constitutionnalité apportait des éléments nouveaux qui rendent nécessaire la réouverture de l'instruction), je prends le temps de vous parler un instant de l'action que je mène au Conseil régional d'Ile-de-France dans le secteur de la recherche et de l'enseignement supérieur.

Depuis plusieurs années, la Région Île-de-France n’a cessé d’accroître son engagement aux côtés des acteurs de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la valorisation, qu’elle soit culturelle, sociale, écologique ou économique. Ces domaines ne relèvent pourtant pas directement de ses compétences obligatoires. Toutefois la Région a décidé de s’y investir, compte tenu de l’importance du potentiel scientifique francilien (qui représente près de 40% de la recherche française) et de l’importance qu’elle accorde à ce secteur d’activité.

La Région poursuivra ses efforts dans ce sens lors de la nouvelle mandature. Son nouvel exécutif a d’ores et déjà réaffirmé que la recherche et l’enseignement supérieur constituent sa quatrième priorité. Elle consacre près de 5% à ce secteur. Et son Président, Jean-Paul Huchon,  a annonçé un plan de 900 millions d’euros sur 10 ans uniquement en investissement et la poursuite du soutien en fonctionnement des besoins des étudiants et des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur.


Toutefois, le paysage institutionnel de l’enseignement supérieur et de la recherche a profondément évolué ces dernières années sous l’effet de réformes engagées par l’Etat. Depuis 2006, de nombreuses structures ont été créées et sont venues s’ajouter aux anciennes. créant ainsi une sorte de zoo peuplé d'animaux aux noms aussi étranges qu'exotiques. Ainsi, aux côtés des universités, des écoles et des organismes de recherche, les Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES), les Réseaux Thématiques de Recherche Avancée (RTRA), les
Centres ou Réseaux Thématiques de Recherche et de Soins (CTRS/RTRS), les Instituts Carnot, les pôles de compétitivité, les Alliances, les fondations sous divers statuts, etc., dessinent aujourd’hui un « mille-feuilles institutionnel » qui perturbe toute action politique dans ce secteur. De même la réforme des missions et des moyens des universités et des organismes de recherche, ainsi que la « nouvelle gouvernance », invoquée notamment dans le cadre des investissements d’avenir, ont profondément modifié ce secteur. Menées sans réelle concertation avec les scientifiques et la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche, pas plus qu’avec les collectivités territoriales, toutes ces réformes ont conduit à des mouvements de contestation d’une ampleur historique (en particulier lors de l’année 2009). Faisant de la mise en concurrence systématique des acteurs la condition nécessaire et suffisante de l’efficacité, elles désorganisent et déstructurent le paysage scientifique de notre territoire, portant atteinte durablement à sa cohésion et à son dynamisme.

Il nous est donc apparu nécessaire de nous réinterroger sur le rôle de la Région et sur ses priorités d’intervention futures. Un rapport cadre qui a été voté il y a moins d'un mois au sein de l'hémicycle régional fixe les axes stratégiques, les objectifs et les priorités de la politique que la Région Île-de-France souhaite mener dans l’enseignement supérieur et la recherche pour la période 2011-2016. Ces orientations ont bien entendu été définies en tenant compte du bilan de l’action menée au cours des dernières années et de l’évaluation des dispositifs existants. Toutefois elles résultent également des propositions et des réflexions faites par les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche eux-mêmes, à la fois lors des « Assises régionales de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation » qui ont réuni au mois de
juillet 2010 l’ensemble de la communauté académique francilienne dans l’hémicycle régional, ainsi que dans les rencontres et les réunions publiques qui ont été organisées dans une quinzaine d’universités franciliennes depuis le début de cette nouvelle mandature. Une telle démarche trouve sa justification dans le fait que nous considérons que dans ce secteur, comme dans beaucoup d’autres, il ne peut y avoir d’action politique efficace sans une concertation étroite et permanente avec les acteurs de la recherche, de l’enseignement supérieur, de l’innovation et de la diffusion de la culture scientifique. Notre région doit être une région qui protège et qui se tourne vers l’avenir. Elle doit pour cela être une région qui écoute.

03/03/2010

Fonctionnaires : "soyez fiers!" dit-il.

Notre président s'est adressé hier aux fonctionnaires pour nous dire d'être fiers.

J'hésite entre le rire et les larmes (de rage...)

En effet, n'est-ce pas lui qui avait prononcé, le 22 janvier 2009, un discours insultant et d'un mépris incroyable qui avait mis la communauté scientifique hors d'elle?

N'est-ce pas son Premier ministre, François Fillon, qui s’était dit "fier" en juin 2009, que son gouvernement ait été "capable de résister" au mouvement social dans les universités tout en tenant bon "sur l’essentiel". Et ce, deux jours après la seconde "Marche de tous les savoirs" ( ou "Academic Pride") que nous avions organisée dans plusieurs villes de France, afin précisément d'affirmer "la fierté" que nous avons à remplir les missions qui sont les nôtres et à porter les valeurs qui définissent nos métiers de la recherche et de l'enseignement supérieur. Nous le faisions pour dénoncer les réformes absurdes qui nous sont imposées et pour nous opposer à ce que l'on peut appeler "la stratégie du déclin". Stratégie qui consiste à expliquer sans cesse qu'un secteur public connaît les pires difficultés afin d'imposer des réformes et que l'on retrouve à l'hôpital, dans la magistrature et dans tous les autres services publics qui ont subi des réformes analogues à celles qu'ont connues l'université et la recherche publique.

N'est-ce pas son gouvernement également qui à coup de RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), de politiques du chiffre absurdes et de politiques de l'emploi public catastrophiques massacre les services publics?

Mais probablement, notre président a-t-il radicalement changé. Probablement... Pour l'instant toutefois aucune de ses actions ne nous permet de le penser. En revanche, on retrouve bien dans de tels propos cet art de la communication extraordinaire où l'on reprend les termes même de l'adversaire politique pour les vider complètement de leur sens. Où l'on affiche des valeurs ... pour mieux les fouler au pied!

 

 

 

25/02/2010

Pourquoi en avril dernier, je manifestais aux côtés de l'hôpital?

Convergence_28_avril_Paris.jpg

Le 28 avril dernier, deux cortèges de manifestants s'étaient rejoints devant le Sénat à Paris : l'un des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche et l'autre de la santé et de l'hôpital public. J'avais alors écrit le texte suivant, intitulé "Pourquoi défilons-nous aujourd'hui aux côtés de l'Hôpital?" :

"Parce que les "contre-réformes" qui touchent aujourd'hui le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche et celles qui s'abattent sur la santé ont pour fondement un même aveuglement idéologique, une même méconnaissance de nos métiers et des valeurs que nous portons.

Parce que dans les deux cas, le gouvernement après avoir entonné le "chant du déclin" du secteur concerné, impose une série de réformes qui loin de résoudre les problèmes qui se posent dans ces secteurs vont les aggraver et en créer de nouveaux.

Parce que sans être opposés à toute réforme, nous pensons que ces réformes ne sont pas les bonnes.

Parce que le gouvernement, dans les deux cas, pratique la stratégie de "l'enfumage" qui consiste à faire semblant de demander l'avis des professionnels du secteur et refuse en réalité d'établir un véritable dialogue avec les communautés concernées.

Parce que dans les deux cas, la même stratégie mobilisant mépris et de menace prévaut.

Parce que dans les deux cas, loin de s'imposer "de toute évidence" comme tente de le faire croire le gouvernement ou de n'être que "purement techniques", ces réformes sont en réalité de nature profondément idéologique. Dans l'un et l'autre cas, elles reposent sur une conception étroite et profondément "utilitariste" de nos activités. Ainsi, la recherche et l'enseignement supérieur n'ont plus pour vocation première de créer et de diffuser des connaissances, mais n'ont de sens que pour leurs applications industrielles ou sociales ; et dans le secteur de la santé, la préoccupation centrale n'est plus le malade mais la rentabilité de l'établissement de soin.

Parce que dans ces deux secteurs le gouvernement met en place des suppressions d'emplois statutaires, des externalisations des personnels administratifs, ouvriers et techniques et l'emploi massif de précaires ; une politique d'emplois publics profondément irresponsable qui déstructure ces secteurs et qui n'est mûe que par la conviction idéologique du "trop grand nombre de fonctionnaires".

Parce que dans les deux cas, le nouveau cadre législatif met en place les conditions d'un désengagement financier de l'Etat dans ces secteurs.

Parce que dans les deux cas les moyens engagés par l'Etat, contrairement aux effets d'annonce des campagnes de communication orchestrées par les ministères concernés, ne sont pas à la hauteur des enjeux immenses qui se posent ici.

Parce que dans les deux cas, un même aveuglement idéologique conduit nos dirigeants à penser que la logique de mise en concurrence systématique est la condition nécessaire et suffisante de l'efficacité.

Parce que dans les deux cas, la loi met en place une concentration inefficace du pouvoir dans les mains de personnes qui se doivent d'avoir un rôle de "managers" et de prendre des décisions sur la base de critères absurdes et simplificateurs.

Pour toutes ces raisons notre bataille est la même !"

Aujourd'hui, je ne retire pas une ligne de ce que j'écrivais alors.

C'est parce que je suis profondément convaincue de tout cela que, notamment,  je serai ce soir, jeudi 25 février, à Villejuif, à 20h30, aux côtés de Jean-Paul Huchon, d'Olivier Lyon-Caen (chef de service de neurologie à la Salpêtrière) et de Michèle Saban et Christine Revault d'Allones (conseillères régionales) pour une réunion publique sur le thème « Santé et recherche publique » à l'Espace des congrès "les Esselières" 3, boulevard Chastenay de Géry- Métro Léo Lagrange.

C'est aussi pour cela que j'ai signé la pétition : Défendons l'höpital public - Sauvons l'AP-HP http://www.defendonslaphp.fr/index.php?petition=1&pour_voir=oui

 

 

 
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